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LA PARTITION DE L'INDE
ET LA QUESTION IRRÉSOLUE DU CACHEMIRE

(4ème et dernière partie)


par Laurent Baldo

 

Le Pakistan, un état islamique belliqueux

     Nous n’aborderons pas dans cette étude l’évolution politique dans la province du Jammu-Cachemire sous contrôle indien, nous nous attacherons simplement à présenter les faits majeurs ayant marqué les relations entre l’Inde et le Pakistan depuis la guerre de 1947, même si les relations entre le gouvernement de l’État du Jammu-Cachemire et le Gouvernement central indien ont joué un rôle non négligeable dans l’imbroglio cachemiri.

     Depuis 1947, la partition et la question irrésolue du Cachemire conditionnent en grande partie la politique du Pakistan où l’armée n’a cessé d’occuper une place prépondérante [13]. Bien que leur rhétorique officielle mette en avant le droit du peuple cachemiri à l’autodétermination, les dirigeants et les militaires pakistanais n’ont jamais renoncé à l’idéologie pan-islamique fondatrice du Pakistan conforme à la théorie des deux nations, à savoir que toutes les régions de l’Inde peuplées majoritairement de musulmans devaient lui être rattachées. Et ils ont donc tenté à plusieurs reprises de s’accaparer de la vallée du Cachemire.

     La première tentative a lieu début août 1965 dans le cadre de l’opération baptisée « Gilbraltar ». Voulant probablement tiré partie de la faiblesse de l’armée indienne – révélée par sa déroute lors de la guerre contre la Chine en 1962 –, après des semaines d’escarmouches entre soldats pakistanais et indiens dans le Rann de Kutch[14], destinées à y fixer le gros des troupes indiennes, employant la même tactique qu’en 1947, les militaires pakistanais infiltrent des commandos en civil dans la vallée du Cachemire depuis le Punjab.Lal Bahadur Shastri et Ayoub Khan Mais l’armée indienne, reconstituée et réorganisée avec l’aide de l’Union soviétique, non seulement repousse les agresseurs mais, cette fois-ci, franchit la frontière internationale et pénètre au Pakistan, atteint Lahore et menace Karachi, la capitale. La Chine, fidèle alliée du Pakistan contre l’Inde, lui apporte son soutien, et les États-Unis, bien que liés par traité au Pakistan, déclarent de leur côté qu’ils viendront au secours de l’Inde si la Chine venait à l’attaquer. Le conflit menaçant de se généraliser, le Conseil de sécurité de l’O.N.U. enjoint les belligérants à déposer les armes. L’Inde va s’en remettre une nouvelle fois à la communauté internationale pour qu’une solution diplomatique et pacifique soit trouvée à la question du Cachemire. Et le 10 janvier 1966, à la conférence de Tachkent présidée par Alexandre Kosygin, le Premier ministre indien Lal Bahadur Shastri – qui a succédé à Nehru décédé en 1964 – et le Président pakistanais Ayoub Khan signent l’accord de Tachkent par lequel l’Inde accepte de retirer ses troupes sur les positions d’avant août 1965, restituant ainsi au Pakistan tous les territoires qu’il occupe illégalement au Jammu-Cachemire depuis la guerre de 1947-1948 et qu’elle venait de reprendre, à la seule contrepartie que le gouvernement pakistanais s’engage à ne jamais plus recourir à la guerre ou la violence pour résoudre tout litige avec l’Inde, mais à le faire par la voie de la négociation.
Tachkent : Lal Bahadur Shastri, Ayoub Khan et Alexandre Kosygin     Satisfait de cette concession purement formelle, qui toutefois reconnaît implicitement l’agression et la défaite pakistanaises, Shastri restitue deux postes hautement stratégiques, Haji Pir et Tithwa, reconquis au Cachemire par les troupes indiennes, contre l’avis des autorités militaires auprès desquelles il s’était pourtant engagé à tout faire pour les conserver dans le giron de l’Inde[15].

     L’Inde honora les accords de Tachkent mais le Pakistan ne les implémenta jamais. Zulfikar Ali Bhutto, le Ministre des Affaires Étrangères de la junte militaire qui avait participé à la préparation de l’opération « Gilbratar » y était opposé. Il avait d’ailleurs tout fait pour que la conférence de Tachkent échoue, refusant systématiquement les revendications indiennes, car pour lui, avoua-t-il à Kosygin, « accepter équivaudrait à capituler ». Mais l’Inde ne devait malheureusement rien retenir de cette leçon. Bhutto allait négocier avec Indira Gandhi le traité de Simla en 1972, et Indira Gandhi lui fera d’énormes concessions une nouvelle fois sur le simple fait de la parole donnée.

     Par les accords de Tachkent, New Delhi avalise un peu plus l’occupation des provinces du Nord-Ouest, de Gilgit et du Baltistan, et le partage de la vallée du Cachemire en deux parties : le Cachemire « indien » et le P.O.K. (Pakistan Occupied Kashmir – Cachemire occupé par le Pakistan).

     Le même scénario va quasiment se reproduire en 1971 lors d’un nouveau conflit entre l’Inde et le Pakistan suite à la sécession du Pakistan Oriental – la partie du Bengale indien rattachée au Pakistan lors de la partition, séparée du Pakistan Occidental par plus de 2 000 kilomètres.

     Depuis la partition, les Bengalis, peuplant la partie orientale du Pakistan, bien que majoritaires sur l’ensemble du pays, subissent la domination des Pundjabis, majoritaires eux dans la partie occidentale – le bengali par exemple n’est pas reconnue comme langue officielle. Des tensions étaient apparues rapidement après la partition entre le Pakistan Occidental et le Pakistan Oriental, et pour défendre leur identité culturelle et linguistique les Bengalis avaient fondé en 1949 un parti politique, la Ligue Awami. Au fil des ans, son audience n’a fait que croître sous l’effet des répressions des gouvernements militaires successifs. Et lorsque des élections sont organisées en janvier 1971, suite à la démission du général Ayoub Khan, la ligue Awami, dirigée par Sheikh Mujibur Raman l’emporte, devançant largement le Parti du peuple de Zulfikar Ali Bhutto. Ce résultat est inacceptable pour ce dernier, ainsi que pour la majorité pundjabie et les militaires qui dirigent le pays, d’autant que Sheikh Mujibur Raman est favorable à un rapprochement avec l’Inde. Aussi, les généraux d’Islamabad invalident-ils les élections. Au regard de cette réaction anticonstitutionnelle, Sheikh Mujibur Raman déclare l’indépendance du Pakistan Oriental qu’il rebaptise Bangladesh – ce qui provoque l’intervention de l’armée pakistanaise. Sheikh Mujibur Raman est emprisonné et afin de mâter la guérilla sécessionniste, les forces pakistanaises se livrent à une véritable boucherie à l’encontre de la population bengalie favorable dans sa grande majorité à la sécession[16]. Les hindous bangladeshis, soutenant massivement la Ligue Awami, sont victimes de véritables pogroms de la part des militaires et d’extrémistes musulmans affidés au régime d’Islamabad[17]. Près de dix millions de personnes fuient vers l’Inde où elles trouvent refuge dans un exode qui rappelle les heures sombres de la partition de 1947.

Le Pakistan Oriental devient le Bangladesh     Début décembre, après bien des hésitations, et malgré les menaces de l’administration américaine[18], New Delhi reconnaît le Bangladesh et, se saisissant notamment du prétexte de l’afflux massif de réfugiés sur son territoire, Indira Gandhi envoie son armée au secours de la population bangladeshie. Après seulement deux semaines de combats, Dacca, future capitale du Bangladesh, tombe aux mains de l’armée indienne. Le 16 décembre a lieu la reddition des troupes pakistanaises à Dacca. Et le 17, le Président Yaya Khan annonce la fin des hostilités sur le front occidental.

     L’Inde, dont l’armée, largement victorieuse de son ennemi en déroute, pénètre en territoire pakistanais, au lieu d’en finir avec son voisin belliqueux ou au moins de lui imposer un accord qui mette un terme à l’imbroglio cachemiri, cède encore aux pressions internationales. L’O.N.U. invite une nouvelle fois les belligérants à trouver un accord pacifique, et l’Inde à faire des concessions afin d’encourager Islamabad à s’engager plus avant sur la voie de la démocratie – le désastre du Bangladesh ayant sonné le glas de la dictature militaire du général Yaya Khan au profit d’un gouvernement civil dirigé par Zulfikar Ali Bhutto. Ainsi, en juillet 1972, alors qu’elle est en position de force pour négocier, Indira Gandhi conclut avec Zulfiquar Ali Bhutto les accords de Simla par lesquels New Delhi restitue à Islamabad les territoires reconquis par ses troupes au Pakistan Occidental et libère les 93 000 soldats pakistanais fait prisonniers sur le front Est « pour ne pas humilier son adversaire ». En contrepartie, Bhutto reconnaît officiellement le Bangladesh – ce qui signifie pour le Pakistan la perte définitive du Pakistan Oriental. En ce qui concerne la question du Jammu-Cachemire, la seule concession officielle est qu’elle doit être résolue pacifiquement et que désormais elle sera traitée au niveau bilatéral entre New Delhi et Islamabad – ainsi les accords de Simla enterreraient définitivement, si ce n’était déjà fait, les résolutions de l’O.N.U. de 48 et 49.

     Depuis, ces accords fondent la position diplomatique de New Delhi au sujet du Cachemire, et c’est pourquoi l’Inde refuse aujourd’hui toute internationalisation de la question du Cachemire et toute médiation internationale de quelque nature qu’elle soit.

Simla : Indira Gandhi et Zulfiquar Ali Bhutto     La délégation indienne est pourtant venue à Simla avec la ferme intention de mettre un terme définitif aux revendications pakistanaises sur le Jammu-Cachemire sous l’autorité de New Delhi, et Indira Gandhi n’est pas disposée à oublier et à pardonner l’agression pakistanaise et les atrocités commises. Conscients des changements survenus dans les territoires occupés par le Pakistan, les négociateurs indiens sont toutefois disposés à renoncer à l’intégralité du Jammu-Cachemire. Ils proposent aux représentants pakistanais que la ligne de cessez-le-feu entre leurs deux armées soit délimitée officiellement par leurs commandements militaires respectifs et qu’elle soit rebaptisée « Ligne de contrôle (Line of Control, L.O.C.) » comme un premier pas vers sa reconnaissance en tant que frontière internationale.
     Ayant une marge de manœuvre très limitée, Bhutto, intransigeant à Tachkent, se montre favorable à cette proposition, mais il demande aux Indiens à ce qu’elle ne soit pas formulée dans le document officiel que les deux parties se proposent de signer. Habile, il montre un profil bas, accepte les critiques indiennes à l’encontre de son pays, mais plaide non coupable : « ce sont les militaires de la junte dirigée par Yaya Khan les responsables, pas lui, dit-il ». D’ailleurs, avance-t-il, il est prêt à reconnaître la L.O.C. comme frontière. Seulement, fait-il valoir, il est en position de faiblesse au Pakistan où il vient juste d’arriver au pouvoir et « où le sentiment de frustration et de colère » est très fort après la défaite face à l’Inde et la perte du Bangladesh. « Si vous formulez des revendications excessives, poursuit-il, et si je les accepte, je n’y survivrai pas politiquement. Nous ne souhaitons, ni vous ni moi, un extrémiste musulman ou un gouvernement militaire au pouvoir. Aussi, aidez-moi à stabiliser mon pouvoir. Ne mettons pas la clause relative à la L.O.C. dans le texte de l’accord. »
Indira Gandhi et Zulfiquar Ali Bhutto signent les accords de Simla     Les arguments de Bhutto divisent et déstabilisent la délégation indienne où les avis divergent entre ceux qui veulent que la clause soit incluse dans le texte officiel de l’accord et ceux qui ne souhaitent pas mettre Bhutto en difficulté. Il faudra attendre le tout dernier moment pour que le traité soit signé entre l’Inde et le Pakistan, après que Bhutto ait conclu un pacte avec Indira Gandhi – « le pacte de Simla » – selon lequel il s’engageait d’ici à quatre ans à déclarer officiellement la ligne de contrôle comme frontière internationale entre les deux pays.

     Comment Indira Gandhi a-t-elle pu faire confiance à Bhutto, lui qui avait participé à l’organisation de l’opération « Gibraltar » en 1965 et qui n’avait jamais accepté le traité de Tachkent ?

     Dans les années qui suivent, si, en apparence, Bhutto se montre coopérant, il lance le programme d’armement nucléaire. Il a compris que son pays ne viendrait jamais à bout de l’Inde par une guerre conventionnelle et il s’est juré, lui qui a connu la défaite par deux fois, que « le Pakistan ne connaîtrait plus la défaite dans la guerre ». En 1974, l’Inde procède à des essais nucléaires. Bhutto promet aux scientifiques pakistanais de leur fournir toutes les facilités et l'argent nécessaires pour obtenir ce qu'il appelle « la bombe islamique ». Sa déclaration sur le sujet est restée célèbre : « Si l'Inde construit la bombe, nous mangerons de l'herbe ou des feuilles, nous aurons même faim, mais nous en aurons une. Nous n'avons pas d'alternative, bombe atomique contre bombe atomique. »
     Alors que Bhutto, mégalomane sans scrupule, devient de plus en plus puissant au Pakistan où il s’arroge tous les pouvoirs, Indira Gandhi est en difficulté en Inde où elle déclare l’état d’urgence en 1976. Bhutto en profite pour renier le « pacte » et les accords de Simla et revendique à nouveau « les droits » du Pakistan sur le Cachemire qui redevient un territoire « disputé » par les deux pays.

     Au-delà de la cuisante humiliation de l’armée pakistanaise, la rébellion du peuple bengali illustre le caractère artificiel du Pakistan et l’irréalité de son concept fondateur. En effet, l’islam seul n’a pu tenir lieu de substrat au sein d’une même nation, pourtant créée pour les musulmans, à des peuples aussi culturellement et linguistiquement différents que bengali et punjabi. Et les 2 000 km séparant le Pakistan Occidental et Oriental ne sont pas responsables de cet état de fait. Au Pakistan Occidental, le ciment islamique n’a pu non plus contribuer à créer une identité nationale commune aux Mohadjirs, ces musulmans venus d’Inde après la partition, aux tribus baloutches, sindies, pachtounes farouchement attachées à leurs traditions ancestrales, produit d’une culture féodale réfractaire à tout gouvernement centralisateur. Et les années de dictatures militaires et de lois martiales n’ont fait qu’exacerber les velléités sécessionnistes des différentes provinces et ethnies d’un pays dominé par la majorité punjabie[19]. Ainsi, depuis 1947, la cause cachemirie est aussi utilisée comme exutoire par un Pakistan en quête d’identité nationale et en proie au marasme économique[20].

     À partir de 1989, conscients qu’ils ne pourraient s’emparer du Cachemire par la force, le Premier ministre Benazir Bhutto et les militaires pakistanais changent de tactique. Ils décident de modifier en leur faveur l’équilibre politique et démographique de la vallée du Cachemire sous contrôle indien – comme ils l’ont fait dans les territoires du jammu-Cachemire historique qu’ils contrôlent. Pour ce faire, ils infiltrent dans la vallée des milliers de combattants islamistes de toutes nationalités, entraînés au Pakistan et encadrés par des militaires pakistanais, qui vont livrer la djihad et mener une véritable épuration ethnique à l’endroit de la population hindoue[21]. Et, jouant sur la fibre religieuse, comme Jinnah en son temps, les dirigeants pakistanais appellent dans des discours fanatiques radiotélévisés leurs frères musulmans de la vallée du Cachemire à se soulever contre « l’oppresseur indien » et à s’engager dans un combat pour la liberté contre « l’occupant » – liberté étant bien sûr synonyme de rattachement à la nation musulmane… pakistanaise. Sur le terrain les organisations indépendantistes « cachemiries » et les chefs religieux islamistes se font les relais d’Islamabad. Et le 19 janvier 1990, dans les principales agglomérations, des milliers de fidèles musulmans chauffés à blanc fondent sur les quartiers hindous, massacrent leurs habitants, violent les femmes et s’emparent de leurs biens.

Zones d'infiltrations de combattants islamistes depuis le Cachemire occupé par le PakistanDepuis cette date, victimes de ces pogroms et de ces djihadis, plus de 350 000 pandits hindous
[22] ont fui la vallée du Cachemire, leur terre ancestrale, et des milliers d’entre eux sont aujourd’hui réfugiés dans des camps au Jammu ou près de Delhi où ils vivent misérablement, abandonnés de tous – les autorités de New Delhi préférant les oublier plutôt que de « stigmatiser la minorité musulmane indienne ». Et aujourd’hui, un peu moins de 5% d’hindous vivent dans la vallée du Cachemire[23].
     Par ailleurs, ces djihadis – supplétifs de l’armée pakistanaise –, avec l’aide des puissants services de renseignement inter-armées pakistanais (ISI), perpétuent aussi d’innombrables attentats sur tout le territoire indien pour faire pression sur New Delhi.

La poignée de main historique de Lahore en février 1999 entre Atal Behari Vajpayee et son homologue Nawaz Sharif     Au printemps 1999, au mépris des traités signés avec l’Inde à l’issue des précédents conflits, et alors que le Premier ministre indien, Monsieur Atal Behari Vajpayee venait de se rendre à Lahore dans le cadre d’une visite historique inaugurant une période de détente sans précédent entre les deux pays, l’armée pakistanaise, appuyant un fort contingent de mercenaires islamistes, infiltre une nouvelle fois le Cachemire dans la région montagneuse de Kargil. Cette opération organisée et dirigée par le général Pervez Musharraf, alors chef des armées pakistanaises, déclenche un nouveau conflit entre l’Inde et le Pakistan dont l’armée indienne sort à nouveau victorieuse[24].
     Les militaires pakistanais craignaient-ils que Nawaz Sharif, le Premier ministre pakistanais, sacrifie la cause cachemirie sur l’autel de la paix avec l’Inde et soit prêt à reconnaître la Ligne de Contrôle comme frontière internationale ?

Le dictateur pakistanais Pervez Musharraf     Après cette débâcle, et sous l’autorité de ce même général Musharraf, devenu président dictateur du Pakistan à la faveur d’un coup d’état en octobre 1999, cette stratégie de guerre par procuration contre l’Inde par combattants islamistes interposés, initiée par Benazir Bhutto, s’est poursuivie jusqu’au 11 septembre 2001. On estime à plus de 60 000 le nombre de victimes depuis le début de « l’insurrection » en 1989.
     Et, malgré la supposée collaboration d’Islamabad dans la lutte contre le terrorisme, comme l’ont montré tous les attentats terroristes perpétrés au Cachemire et en Inde depuis cette date, notamment ceux contre le Parlement cachemiri à Srinagar et le Parlement national indien à New Delhi fin 2001, ceux commis durant les élections législatives libres au Jammu-Cachemire à l’automne 2002 ou ceux réguliers contre des pèlerins hindous, les islamistes et militaires pakistanais n’ont pas renoncé à leur velléité hégémonique sur le Cachemire[25].

 

 

Vers une seconde partition de l’Inde ?

     Alors, quelle solution pour le Jammu-Cachemire ?

     La réunification de l'État historique du Jammu-Cachemire et son indépendance ?
     Cette solution, jamais envisagée, rappelons-le, dans le cadre des résolutions de l’O.N.U., est aujourd’hui totalement irréaliste compte tenu des changements que nous avons évoqués, même si elle satisferait de nombreux cachemiris, de part et d’autre de la ligne de contrôle (L.O.C.), favorables à une large autonomie. En effet, les Bouddhistes, majoritaires au Ladakh, et les hindous, majoritaires dans la province du Jammu, ne voudraient en aucun cas quitter l’Union Indienne, et ils ne souhaiteraient certainement pas se retrouver minoritaires dans un état dominé par les musulmans – les milliers de pandits cachemiris qui croupissent dans des camps de réfugiés, loin de leur terre ancestrale, sont là pour leur rappeler les terribles pogroms des années 90. De leur côté, les Punjabis qui ont colonisé le P.O.K., sont tout à fait favorables au rattachement avec le Pakistan. Quant aux Pachtounes des provinces du Nord-Ouest, ils souhaiteraient plutôt la création d’une province autonome réunifiant les Pachtounes pakistanais avec leurs frères tribaux d’Afghanistan. Et enfin, nombre d’habitants de la vallée du Cachemire se considèrent eux-mêmes comme Indiens.
     Par ailleurs, cette solution ne contenterait aucune des puissances qui se partagent aujourd'hui le Jammu-Cachemire. La Chine ne souhaite en aucun cas voir remise en cause son annexion de l’Aksaî Chin et rendre le Shaksgam offert par le Pakistan en 1963. L'Inde est tout à fait opposée à l'indépendance d'un des États composant l'Union indienne, ce qui constituerait un précédent pour d'autres populations ayant des velléités séparatistes, comme dans les provinces du Nord-Est. Et enfin, elle ne satisferait pas le Pakistan pour qui la vallée du Cachemire, du fait de sa population à majorité musulmane, conformément à la théorie des deux nations, devait naturellement intégrer le Pakistan au moment de la partition. Depuis celle-ci, nous l’avons vu, le Pakistan n’a cessé de vouloir se l’approprier.

     Alors, faudrait-il, qu’au nom de la paix, New-Delhi cède aux exigences pakistanaises en abandonnant la vallée du Cachemire à Islamabad ? Et ce malgré les risques de « balkanisation » de l’Union indienne ?

     Comme nous l’avons vu, au regard de l’histoire depuis des millénaires, au regard des actes ayant régi la partition de l’Inde, au regard des différentes résolutions de l’O.N.U., l’État pakistanais né du fondamentalisme musulman et du pan-islamisme, à l’origine de tous les conflits avec l’Inde, n’avait et n’a aucun droit sur le Jammu-Cachemire.
     Alors pourquoi l’Inde, déjà dépossédée lors de la partition de près du tiers de son territoire avec la création du Pakistan Occidental et Oriental, toujours victorieuse de son ennemi qu’elle n’a jamais attaqué ni cherché à détruire, devrait-elle faire aujourd’hui de nouvelles concessions au Cachemire comme le suggèrent certains responsables politiques occidentaux sensibles à la propagande d’Islamabad, et dans leur sillon de nombreux journalistes et éditorialistes[26] ? L’Inde qui a déjà tacitement accepté la partition du Jammu-Cachemire en avalisant la ligne de contrôle lors des accords de Simla avec le Pakistan, ligne de contrôle qu’elle était prête alors à reconnaître comme frontière internationale, ce qui revenait à céder définitivement à Islamabad le P.O.K., la province de Gilgit, le Baltistan et les provinces du Nord-Ouest, faisant pourtant légalement partie de l’Union indienne depuis l’accession du Jammu-cachemire en 1947.
     Mais ce que veulent les dirigeants pakistanais, c’est bien la totalité de la vallée du Cachemire, partie indienne comprise, et c’est pourquoi jusqu’à présent ils ont toujours refusé de reconnaître la L.O.C comme frontière internationale[27].
     Et selon ce scénario, quel choix serait laissé aux populations de la vallée favorables à New-Delhi ? Un nouvel exode ?
L'organisation islamiste pakistanaise Jamat-E-Islami recrute des volontaires pour la jihad au Cachemire     D’autre part, rien ne dit que cette solution apporterait enfin la paix dans la région. En effet, qui peut croire que les organisations islamistes pakistanaises arrêteraient là leur djihad ? Appuyées par l’ISI et les militaires pakistanais, soucieux de déstabiliser l’Inde, fortes de leur victoire au Cachemire ne chercheraient-elles pas à vouloir « libérer » leurs frères musulmans indiens ? Tout d’abord, dans les territoires limitrophes du Ladakh et du Jammu où ils sont nombreux, et ensuite dans d’autres États de l’Union indienne ?

     En fait, la communauté internationale devrait comprendre qu’aucune issue ne sera possible au conflit indo-pakistanais au Cachemire tant que les dirigeants de l’état islamique pakistanais ne renonceront pas à l’idéologie fondatrice du Pakistan né du pan-islamisme et de la haine de l’Inde hindoue qui a conditionné sa politique depuis la partition[28].
     Car il s’agit bien là d’un conflit civilisationnel, comme l’avance A. Del Valle[29], entre le monde islamo-pakistanais, fondamentaliste, intolérant et expansionniste, incarné par les dirigeants pakistanais, l’armée et les organisations islamistes, et l’hindouisme, naturellement tolérant et progressiste.
     Et alors que des négociations débutent cet été entre Islamabad et New Delhi, plutôt que de faire pression sur l’Inde démocratique et laïque au sujet de la question du Cachemire, les dirigeants occidentaux devraient prendre clairement position contre l’idéologie pan-islamique d’Islamabad et s’opposer fermement à toute nouvelle partition de l’Inde au Cachemire sur une base religieuse – depuis quand les frontières devraient-elles être redessinées sur des bases religieuses ? De même, des mesures concrètes doivent être prises à l’encontre du Pakistan pour qu’il retire ses troupes des provinces du Nord-Ouest, de Gilgit, du Baltistan et du P.O.K., où elles seraient remplacées par une force internationale, et afin que les camps d’entraînement terroristes s’y trouvant soient démantelés, et que cesse en Inde le terrorisme émanant d’organisations islamiques pakistanaises.
     Alors seulement, il sera possible à New Delhi d’alléger son dispositif de sécurité et les habitants du Jammu-Cachemire pourront recouvrer une vie normale apaisée au sein de l’Union indienne.
     Mais la communauté internationale devra surtout veiller à ce que ce retour à la normalité s’effectue dans les territoires occupés par le Pakistan – enfin démilitarisés conformément aux résolutions de l’O.N.U. de 1948 et 1949 – où la population est loin de jouir des mêmes droits que celle du Jammu-Cachemire sous autorités indiennes, à savoir une totale liberté démocratique qui s’exprime aux travers d’élections libres, le multipartisme, et la liberté de la presse. D’autre part, contrairement au Jammu-Cachemire qui bénéficie d’un statut spécial de la Constitution indienne (Article 370), qui dispose de sa propre constitution et reçoit d’importantes subventions de New-Delhi, ces territoires subissent l’arbitraire de la dictature militaire pakistanaise au service de l’élite pundjabie et des grands féodaux qui tiennent à préserver leurs privilèges. Plus encore que les provinces du Sind, du Baloutchistan et du Pakhtunistan, ces territoires occupés, laissés aussi pour compte économiquement, où manquent écoles et hôpitaux, nourrissent de profondes velléités sécessionnistes.
     Après quelques années les conditions de sérénité préalables à l’organisation d’un référendum devraient enfin être obtenues.
A.P.J. Abdul Kalam, Président de l'Union indienne     Mais, au regard de l’histoire et du droit international, la logique ne voudrait-elle pas que ce référendum se déroule auprès de la population de ces territoires occupés illégalement par le Pakistan, où elle ne bénéficie de quasiment aucun droit, afin qu’elle puisse se prononcer librement « pour ou contre » son rattachement à l’État du Jammu-Cachemire sous autorité indienne, et en fait, afin qu’elle puisse choisir entre l’État islamique pakistanais, au bord de la banqueroute, rongé par le fondamentalisme islamique et sous dictature militaire, et l’Inde démocratique, en plein essor, multi-religieuse, qui s’est choisie en 2002, pour la troisième fois, un président musulman, A.P.J. Abdul Kalam et qui compte en son sein la deuxième communauté musulmane au monde, démenti cinglant de la théorie des deux nations et par-là du concept même qui a engendré la partition, à savoir, la nécessité d’un état pour les musulmans indiens, le Pakistan.

   Laurent Baldo

Juin 2004
© Jaïa Bharati

 

(Laurent Baldo a vécu sept ans en Inde, pays où il retourne régulièrement et où il a de nombreux contacts. Il est membre fondateur de l'association Jaïa-Bharati dont il est Président.)

 




(Extrait du message du grand révolutionnaire et homme politique indien
Sri Aurobindo à l’occasion de l’indépendance de l’Inde le 15 août 1947.)

« L’Inde est libre mais elle n’est pas parvenue à l’unité, seulement à une liberté fissurée et brisée… La vieille division religieuse entre hindous et musulmans semble s’être maintenant durcie en une division politique permanente du pays. Il faut espérer que le Congrès et la nation n’accepteront pas ce fait établi comme établi pour toujours ou comme autre chose qu’un expédient temporaire. Car, s’il persiste, l’Inde risque d’être sérieusement affaiblie, mutilée même ; les troubles civils resteront toujours possibles, possible même une nouvelle invasion et une conquête étrangère. La partition du pays doit disparaître – espérons que ce sera grâce à un relâchement de la tension, grâce à une compréhension progressive du besoin de paix et de concorde, à la nécessité constante d’une action commune et concertée, voire d’un instrument d’union créé dans ce but. De cette façon, l’unité pourrait finir par se faire sous une forme ou sous une autre – la forme précise n’ayant qu’une importance pratique, mais non fondamentale. Mais par n’importe quel moyen, la division doit disparaître et elle disparaîtra. Car autrement, la destinée de l’Inde pourrait être sérieusement compromise ou même frustrée. Ceci ne doit pas être. »



Répartition actuelle de la population du Jammu-Cachemire

Jammu-Cachemire: Population totale : 7.3 millions musulmans : 64 % Non musulmans :36 %
Région
Population totale
Musulmans
Non musulmans
Vallée du Cachemire
3,80 millions
95 %
5%
Poonch, Rajori et Doda
1,18 millions
65%
35%
Jammu, Kathua,Udhampur
2,16 millions
10%
90%
District de Leh au Ladakh
0,08 million
15%
85%
District de Kargil
0,08 million
78%
12%
       
Provinces occupées par le Pakistan : Population totale : 4.3 million musulmans 100%
Région
Population totale
Musulmans
Non musulmans
P.O.K.
2,50 millions
100%
--
Gilgit, Baltistan
0,70 million
100%
--
 
Cachemiris au Pakistan: 0,80 million musulmans : 100%
Cachemiris dans le reste du monde : 0,30 million musulmans : 100%

 

 

Notes :

[13] En effet, la démocratie n’a jamais pu s’implémenter durablement dans ce pays où une poignée de grands féodaux contrôlent la politique, une partie de l’économie et de l’agriculture, et où le système tribal perdure. En 1951, le Premier ministre Lyaquat Ali Khan était assassiné. En 1958, le Général Ayoub Khan prenait le pouvoir à la faveur du premier coup d’état militaire. Son successeur, le Général Yaya Khan instaurait la loi martiale en 1969 et réprimait dans le sang la rébellion des indépendantistes bengalis en 1971 au Pakistan Oriental. En 1977, un autre général, Zia Ul-Haq s’empare du pouvoir, fait emprisonner et pendre le Premier ministre Zulfikar Ali Bhutto. Les neufs années de dictature du général Zia emmènent le pays sur la voie de l’islamisation et s’achèvent, en 1988, par la mort de Zia dans un mystérieux accident d’avion. Entre les dictatures militaires des généraux Yaya Khan et Zia la parenthèse Bhutto n’est qu’une parodie de démocratie. Bhutto, mégalomane dangereux, s’arroge tous les pouvoirs pour devenir un véritable tyran. En 1999, le Premier ministre Nawaz Sharif, suite à la débâcle de Kargil, ordonne le retrait des troupes pakistanaises du sol indien. Humilié, le général Pervez Musharraf, instigateur de cette opération, s’empare du pouvoir et instaure une nouvelle dictature militaire.

[14] Le Rann de Kutch est un territoire situé entre l’État indien du Gujarat et la province pakistanaise du Sind.

[15] La nuit même Shastri décédait d’une crise cardiaque. Selon Kuldip Nayar qui fut un temps son attaché de presse et qui était présent à Tachkent en sa qualité de directeur de « The United News of India », Shastri fut accusé d’avoir « vendu le pays » par les journalistes indiens lors de la conférence de presse qui suivit la signature de l’accord. Ceux-ci reprochèrent vivement à Shastri la restitution de Haji Pir et Tithwa contre l’assurance pakistanaise de ne jamais employer les armes contre l’Inde. Les échanges furent parfois virulents. Ce soir là, de nombreuses personnalités indiennes lui exprimèrent aussi leur désapprobation, voire leur colère. Kuldip Nayar rajoute que, dans la soirée, Shastri appela sa famille à Delhi, et lorsqu’il demanda à s’entretenir avec son épouse, sa fille lui répondit que celle-ci ne souhaitait pas lui parler car « il avait cédé Haji Pir et Tithwa. »

[16] On estime à trois millions le nombre de victimes.

[17] Ces « collaborateurs » au régime d’Islamabad, dont certains furent les instigateurs de pogroms, militent aujourd’hui ouvertement, au travers d’organisations ou de partis politiques islamistes, pour le rattachement du Bangladesh au Pakistan. Certains de ces partis sont actuellement alliés à celui de Madame Khaleda Zia au pouvoir depuis octobre 2001. Depuis la victoire de Madame Zia, la communauté hindoue bangladeshie est victime de persécutions et spoliée de ses biens en toute impunité et dans l’indifférence générale. Comment expliquer le silence des médias, pourtant si prompts à dénoncer un supposé fondamentalisme hindou en Inde ?

[18] Pour joindre le geste à la parole, Nixon et Kissinger enverront un porte-avions dans la baie du Bengale.

[19] Les Punjabis représentent environ 60% de la population et on estime à environ 70% le nombre de Punjabis dans l’armée.

[20] « Mohammed Ali Jinnah, le fondateur du Pakistan et son premier Gouverneur général, mourut de tuberculose en 1948, écrit Alain Daniélou. Sa succession fut assurée par un de ses fidèles collaborateurs, Liakat Ali Khan qui fut assassiné en 1951. La mort de Jinnah laissa le Pakistan désemparé. C’était lui qui avait inventé ce jouet qui ne correspondait pas en fait aux désirs de populations réunies contre leur gré et dont les différences étaient plus violentes que celles qui les opposaient aux autres Indiens. Les musulmans avaient gouverné l’Inde pendant trois siècles et s’y sentaient chez eux. Ce sont les intrigues politiques qui les avaient persuadés qu’ils étaient une minorité menacée. » (Histoire de l’Inde, Alain Daniélou, page 397).
     Malheureusement, il est à noter que des partis politiques indiens, soi-disant laïques, perpétuent encore aujourd’hui les mêmes « intrigues » pour s’attirer les voix des minorités.

[21] Rappelons que le Pakistan utilisa à peu près le même technique d’infiltration en Afghanistan avec les Talibans. Les Talibans, d’ethnie pachtoune, furent endoctrinés dans des madrasas pakistanaises et entraînés militairement par l’ISI avec les bénédictions de Benazir Bhutto. Équipés et encadrés par l’armée régulière pakistanaise ils s’emparèrent du pouvoir en Afghanistan. Leur régime fondamentaliste féodal était largement contrôlé en sous main par Islamabad. Le Pakistan fut un des rares pays à le reconnaître avec l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis.

[22] Savants et érudits de la caste des brahmanes. Nehru était un pandit cachemiri. Au sujet de l’épuration ethnique des pandits cachemiris, voir le documentaire poignant réalisé par Ashok Pandit, And the World Remained Silent.

[23] Voir tableau en fin de texte. Voici ce que disait prophétiquement Sri Aurobindo le 21 juin 1940 : « Au Cachemire, les hindous dominaient tout à fait. Maintenant si on accède aux exigences des musulmans, les hindous seront anéantis ». (L’Inde et la Renaissance de la Terre, page 253).

[24] Si un conflit généralisé fut évité in-extremis, c'est parce que Bill Clinton, alors Président des États-Unis, fit pression sur Nawaz Sharif qui ordonna à l’armée et aux mercenaires islamistes de cesser les combats. Ce qui lui valu d’être renversé par les militaires en octobre de la même année. D’après Bruce Riedel, Conseiller spécial à la Maison Blanche « il existait des signes inquiétants que les Pakistanais préparaient leur arsenal nucléaire en vue d’un éventuel déploiement ».

[25] Voir l’article « Le Pakistan, un État terroriste »

[26] Le charme semble quelque peu s’estomper, depuis que le Pakistan, à l’origine d’un vaste trafic de technologies et de matériels nucléaires, s’est révélé début 2004 être au cœur de la prolifération nucléaire vers des États « voyous » – Iran, Libye et Corée du Nord. Le Pakistan apparaît de plus en plus, aux yeux de tous, pour ce qu’il est : un État islamique terroriste, probablement le pire des états « voyous » de la planète. Quant aux beaux discours et aux professions de foi de son président dictateur, Pervez Musharraf, considéré il y a peu comme parangon de la lutte antiterroriste, ils ne suffisent plus à dissimuler son double jeu.

[27] Islamabad est favorable à un plan appelé « The Chennab formula ». Proposé dans les années soixante, ce plan de partition du Jammu-Cachemire suggère que la province soit divisée le long de la rivière Chennab. Ainsi, la totalité de la vallée du Cachemire et une grande partie du Jammu reviendrait au Pakistan. Suivant ce plan de partition, avec l’inclusion du Ladakh – qui s’étend aussi au Nord de la Chennab –, il ne resterait plus que 48 000 km2 en Inde contre 134 000 km2 au Pakistan.

[28] « Pays artificiel sans traditions et sans unité, écrit Alain Daniélou, le Pakistan n’a donc d’autre élément de cohésion que religieux. Il ne peut se maintenir que comme un état théocratique et militaire, basé sur l’inquisition et la sévérité de la loi coranique […] Le Pakistan ne peut se maintenir que comme un camp armé et ne pourra jamais devenir un état pacifique. […] La politique extérieure du Pakistan est donc essentiellement orientée en termes d’objectifs militaires… » Histoire de l’Inde, Alain Daniélou, page 400.

[29] Guerres contre l’Europe, Alexandre Del Valle.

    


Références :

The History and Culture of the Indian People, General Éditor R.C. Majumdar, Ed. Bharatiya Vidya     Bhavan, Bombay 1955.

L'Inde et la Renaissance de la Terre, Sri Aurobindo, Ed. Institut de Recherches Évolutives, Paris, 1998.

Histoire de l'Inde, A. Daniélou, Ed. Fayard, Paris, 1971.

Un Autre regard sur l'Inde, F. Gautier, Ed. du Tricorne, Genève, 2000.

La politique française de Nehru (1947-1954), Claude Arpi, Collection des Pavillons, Auroville Pess,    2002.

Courrier d’Orient, Stanislas Ostrorog, Ambassadeur de France en Inde et au Népal, Presses    Universitaires de Nancy, 1991.

Restructuring Pakistan, Maj. Gén. Vinod Saighal, Ed. Manas Publications, New-Delhi, 2002.

Guerres contre l'Europe, Alexandre Del Valle, Ed. des Syrtes, Paris, 2001.

Tibet le pays sacrifié, Claude Arpi, Éditions Calmann-Lévy, 2000. Épuisé.

And the World Remained Silent, par  Ashok Pandit. Documentaire sur l’épuration ethnique des pandits   Cachemiris.

Mr Straw, do you know who created the Kashmir mess ?, Claude Arpi, publié dans le journal indien    online Rediff.com, mai 2002.

Land of the Passes, Claude Arpi, journal indien online Rediff.com, juillet 2002.

Word of the wises, Claude Arpi, journal indien online Rediff.com, 14 mai 2003.

Kashmir - The Crown of India, Prof. L. N. Dhar, Vivekananda Kendra, Kanyakumari, Inde, juin 1984.
  Site internet http://www.kashmir-information.com/

J&K FAQ - Frequently Asked Questions, compilé par CIFJKINDIA Team.
  Site internet : http://www.cifjkindia.org

Let’s we forget de B. Raman, publié dans l'hebdomadaire indien Outlook en février 2002.

Troubles in Tachkent, Kuldip Nayar, journal indien online Rediff.com.

The errors of Simla, J. N. Dixit, journal indien online Rediff.com. Jyotindra Nath Dixit fut Ministre des    affaires étrangères en Inde et était member du ministère des affaires étrangères au moment des    accords de Simla auxquels il participa.

Rapport d’information, Sénat, Commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces    armées. Mission effectuée du 3 au 10 juin 2002 en Inde et au Pakistan.
   (http://www.senat.fr/rap/r01-336/r01-3360.html)

Inde – Pakistan : mutations et crises, Le Monde, dossier et documents, n° 325 – Novembre 2003

 

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