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« L’ÉNERGIE QUE L’ON A EN SOI DÉGAGE
LE FEU QUI EST EN SOI »



Interview de Vishnu Narayan Namboodiri

Pandit à Trivandrum

Réalisée par Dominique Rabotteau et Frédéric Soltan en janvier 2006




Quelle est l’importance de l’initiation ?

     Initier, c’est trouver le bon chemin de la vie, le droit chemin. Il faut commencer l’initiation avant 10 ans. Du temps des Vedas, tout le monde était initié, aussi bien les hommes que les femmes et les enfants. Aujourd’hui, avec le système des castes, seuls les brâhmanes le sont.

     Trouver les droits chemins de vie, c’est un très long processus. C’est une préparation aussi bien mentale que physique.

     J’ai passé quelques années de stricte discipline, entre 8 ans et 10 ans. Devant le feu sacré, j’ai appris trois mantras qui doivent être sus par cœur. Ces mantras s’adressent au soleil. La création est le soleil. Il est le symbole de l’énergie, de la moralité, de la beauté.

     L’énergie que l’on a en soi dégage le feu qui est en soi. On ne peut comprendre qu’une infime partie. Par exemple, l’amour, nous ne pouvons pas le voir, nous ne pouvons que l’expérimenter.

     Il faut aussi méditer et notre être intérieur s’ouvre alors comme une fleur. Tout s’ouvre de l’intérieur avec les mantras, aussi bien l’intelligence que l’énergie.

GAYATRI MANTRA

OM BHÛR BHUVAH SWAH
TAT SAVITUR VARENYAM
BHARGO DEVASYA DHÎMAHI
DHIYO YO NAH PRACHODAYÂT

     O Soleil, Ta force divine est en tout. Allume le soleil qui est en moi tous les jours et dans tout ce que je fais.

     Ce mantra doit être dit 108 fois par jour.

     Avec cette initiation, mon regard s’est ouvert non seulement à notre culture mais aussi aux grandes cultures du monde comme celle du monde grec.

     Aujourd’hui, je peux étudier les Vedas sur l’ordinateur. Avant, il fallait vivre avec le guru.

     J’ai ma vie de famille, ma profession, mais il faut toujours continuer à étudier. Nous sommes dans la vie moderne, il faut vivre avec son temps aussi.

     En une phrase, mon grand-père m’avait appris à vivre avec le minimum venant de l’extérieur. Très peu de nourriture, très peu de vêtements, très peu de sommeil, très peu d’argent. Il m’a dit que si, pour moi, la joie était de posséder de l’argent ou une belle voiture, je ne serais jamais heureux ; par contre si je savais être heureux sans tout cela je connaîtrais alors la vraie joie.

     Si vous donnez aux autres, vous serez le plus heureux des hommes, si vous prenez, vous perdrez le bonheur.

     Il faut garder en soi, un but inaccessible, cela aussi est un secret du bonheur.

     L’essentiel de la vie c’est « ânanda », le vrai bonheur, celui qui dure, le bonheur permanent. Vous devez chercher à atteindre ce but. Vous pouvez le choisir pour quelques années ou pour toute votre vie. C’est à vous de choisir.

     Le bonheur est là, mais vous devez le chercher, c’est cela l’initiation.


Pouvons-nous changer sans guru (maître) ?

     Sans guru, il est tout à fait possible de changer. Nous pouvons atteindre « l’ânanda », mais cela peut prendre beaucoup plus de temps qu’une seule vie. L’initiation permet d’aller plus vite.

     La science aide aussi à ce que l’esprit revienne à l’essentiel. La connaissance libère l’homme. C’est une bénédiction pour les temps modernes, c’est semblable aux Vedas ou aux Purânas.


N’y a t-il pas un risque de devenir dépendant des machines ?

     Nous sommes toujours dépendants de quelque chose. C’est un état d’esprit permanent chez l’homme, aussi bien dans les temps anciens que de nos jours.

     La philosophie indienne dit de ne pas s’inquiéter, de vivre heureux simplement. Concentrez-vous sur votre vie et aussi sur les autres.


La mort ?

     Ce n’est pas une rupture, c’est la continuité de la vie. Si nous croyons en cela, nous n’aurons pas peur. C’est aussi une question d’initiation. En Inde nous savons que nous avançons, même si cela prend 1000 ans parce que nous sommes dans le mouvement, tout le temps dans l’action.

     Le big bang par exemple, est le résultat d’une volonté. L’univers a débuté par l’émergence de la volonté.


L’apport de l’Inde dans le monde futur ?

     L’Inde peut apporter au monde le sens de la spiritualité, le sens de la vie. Sri Aurobindo, Gandhi, Vivekananda ont donné leur enseignement à l’Ouest. Ils ont apporté leur vision de l’immortalité. L’Inde aura un rôle spirituel à jouer dans l’avenir. Les grandes cultures comme celle des Celtes ou des Aztèques ont disparu ou sont en train de mourir. Seule, la culture indienne est vivante. C’est notre travail de la préserver. L’Inde doit continuer à se concentrer sur le rôle de la conscience, sur la science de la conscience. Je n’ai aucun doute sur la pérennité et la vitalité de nos valeurs fondatrices.

     Vous, vous avez le pain, nous, nous avons le spirituel. Il nous faut échanger et là, ce sera magnifique.

© Dominique Rabotteau et Frédéric Soltan

 

 

 


     « Vishnu Narayan Namboodiri est de la lignée des maîtres d’antan. Il est poète et prêtre, non orthodoxe, et comme trempé de bonté et d’harmonie. D’avoir répété tant de shlokas (versets) sanskrits, ses paroles sont presque chantées et il ressemble à ce que l’on imagine un peu des anciens sages.

     Aujourd’hui il invoque Sarasvatî, la Mère des arts et de la connaissance. Il pose devant elle un ancien manuscrit fait de feuilles de palmier, et quelques fleurs ; il allume un peu d’encens et une lampe à huile.

     Un enfant de cinq ans est assis face à lui sur une natte, le visage tourné vers l’est. La famille et les amis, fiers et heureux, assistent à cette cérémonie de l’initiation aux études. Un bref mantra est chanté, puis le prêtre saisit un anneau d’or et dessine la syllabe sacrée AUM sur la langue de l’enfant. Entre eux, de la poudre de riz est étalée sur une feuille de bananier. Le prêtre prend la main de l’enfant pour tracer dans la poudre chacune des lettres de l’alphabet, qu’il prononce à voix haute et que l’enfant répète.

     Ce jour de Vidyârambham ou « début de la connaissance » (en août ou septembre), Vishnu Narayan initie chaque année de trente à soixante enfants, au lieu où ses pas l’auront porté ce jour-là, soit à la maison soit au temple.

     Pour conclure, le jeune élève remercie son maître en lui offrant une feuille de bétel et une noix d’arec ainsi qu’une pièce de monnaie, la guru dakshinâ. »

Extrait de Aux Sources de l'Inde, l'initiation à la Connaissance, Nicole Elfi, Ed. Les Belles Lettres - 2008

 

 

  
© Jaïa Bharati