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LA BHAGAVAD GITA ET LA BOMBE »



(Le 23 septembre dernier, le « père » du programme nucléaire indien, le Dr Raja Ramana, s'éteignait. Nous pubions ici une interview exclusive du Dr Raja Ramana réalisée par François Gautier il y a quelques années.)

 

Le Dr Raja Ramana fut l'architecte de la première explosion nucléaire indienne, qui eut lieu en 1974 dans le désert du Rajasthan et qui fit de l'Inde la septième puissance nucléaire mondiale. Né dans une famille de brahmanes – son grand-père est courtier du Maharaja Wadgyar de Mysore – il fait de brillantes études de physique au célèbre King's College de Londres, puis revient en Inde où il dirige peu après le centre de Recherche atomique, avant de devenir Ministre de la Défense en 1990. Mais Raja Ramana est plus qu'un des grands physiciens nucléaires de ce siècle : pianiste virtuose – il admire Debussy et Ravel, qu'il joue à la perfection – c'est aussi un spiritualiste qui jette un regard éclairé sur l'Inde, 50 ans après son indépendance.
Le Dr Raja Ramana fut récompensé des plus hautes distinctions indiennes le Padmashri, le Padmabhushan et le Padmavibhushan.

    

     François Gautier :  Pourquoi cette explosion nucléaire en 1974 dans le désert de Pokhara ?

Dr Raja Ramana     Raja Ramana : C'était d'abord une démonstration que nous nous donnions à nous-mêmes de nos propres capacités : « si l'Occident peut le faire, pourquoi pas nous » ? Puis ce fut un geste politique, un acte de défiance presque : « arrêtez d'essayer de nous obliger à signer ce traité-ci ou celui-là ». Et enfin, cela constituait un avertissement militaire : « prenez garde de nous marcher sur les pieds ». Cet avertissement était destiné à la Chine, bien sûr, dont nous connaissions le potentiel militaire nucléaire, mais aussi au Pakistan, avec qui nous avions déjà été deux fois en guerre.

     F G : Quel fut votre sentiment après cette l'explosion ?

     R R : Lorsque la terre se souleva devant nos yeux, nous en fûmes si heureux que nous sommes descendu de notre observatoire, oubliant la secousse sismique, qui cinq secondes plus tard nous jeta à bas de l'échelle ! Ce fut un succès absolu : non seulement nous avions atteint notre objectif de 15 kilotonnes, mais aucun déchet radioactif ne fut détecté dans l'atmosphère, même immédiatement après l'explosion.

     F G : Cette explosion prit le monde par surprise...

     R R : Oui, cela a énormément changé l'image .de l'Inde dans le monde et soudain, on nous a regardés d'une manière différente : « Ah, vous êtes capable de faire cela » ? Même l'ambassadeur de France de cette époque est venu me féliciter. Bien sûr, la méfiance a vite repris le dessus : « comment vous, misérable pays du Tiers Monde osez-vous » ? Cela impliquait que nous n'étions pas assez « responsables » pour détenir une telle technologie entre nos mains.

     F G : Vous n'êtes donc pas satisfait de l'image de l'Inde dans le monde ?

     R R : Je dois énormément aux missionnaires : je fus éduqué chez les bonnes soeurs de Mysore, puis au Collège chrétien de Madras. Ce sont eux qui m'ont inculqué la soif de savoir et appris l'amour de la musique. Mais l'image tiers-mondiste de l'Inde doit être étroitement associée au prosélytisme anglo-saxon chez nous. Les missionnaires ont considérablement influencé les premiers indianistes, qui ont postdaté nos ancienne écritures et en ont perverti leur interprétation. Max Mueller par exemple, le célèbre indologue du XIXè siècle, qui fait encore aujourd'hui autorité, utilisait la Bible pour décider des grandes dates de l'Inde. Vous savez, c'est notre image polythéiste qui nous a fait le plus de mal. Or la pluralité n'est elle pas un signe de démocratie ? Nous reconnaissons l'unité dans la multiplicité et ne prétendons pas avoir le monopole de Dieu, c'est ce qui nous a toujours attiré l'inimitié des missionnaires et des Musulmans, qui nous considèrent encore aujourd'hui comme des « kafir », des infidèles.

     F G : Pourquoi ne pas avoir testé une deuxième fois ?

     R R : Si c'est une bombe de dissuasion dont nous voulions faire la démonstration au monde, alors ce n'est pas nécessaire. Par contre, si nous voulons fabriquer des armes nucléaires, il faut faire des essais nucléaires constamment. Mais nous l'avons dit et répété : nous voulions seulement démontrer que nous sommes capables d'assembler rapidement un engin atomique et nous n'avons jamais franchi le seuil critique entre l'aptitude et la réalisation concrète, car nous sommes pour un monde dénucléarisé.

     F G : L'Inde a cependant refusé de signer le CTBT...

     R R : Nous considérons que le CTBT est inique, parce qu'on interdit à certains pays l'arme nucléaire, mais on la tolère chez soi. Et je ne suis même pas sûr que l'Occident ait réellement stoppé les essais nucléaires, car aujourd'hui les détonations sont si infimes qu'elle sont pratiquement indécelables. De toute façon les Américains peuvent aujourd'hui simuler des tests en laboratoire, qui serviront à développer des engins nucléaires encore plus meurtriers. C'est de la tricherie.

     F G :.Vous avez accusé le monde d'avoir « toléré » la bombe pakistanaise...

     R R : Et c'est vrai ! Les Américains étaient parfaitement au courant du programme nucléaire d'Islamabad, mais on était en pleine guerre d'Afghanistan et ils avaient besoin du Pakistan. Par ailleurs, de nombreuses firmes suisses, allemandes ou françaises ont vendu au Pakistan les machines ou les composants nécessaires à l'assemblage de cette bombe. Et cela n'aurait pu se faire sans l'assentiment de leurs gouvernements. Rien n'a changé aujourd'hui : regardez les Talibans, qui ont le même esprit que ces fanatiques qui firent des choses terribles en Inde pendant plusieurs siècles d'invasion. On les tolère également, car sait-on jamais : ils pourraient être utiles. Vous savez la bombe pakistanaise est une bombe islamique, qui a été financée avec de l'argent musulman. Il faudra qu'un jour l'Occident s'éveille aux conséquences de son silence. Cette bombe aurait également été impossible sans l'aide chinoise, car les Chinois ont toujours été reconnaissants au Pakistan d'avoir joué le rôle d'entremetteurs avec les Américains. Rappelez-vous : Nixon transita au Pakistan, avant d'effectuer son sensationnel voyage à Pékin en 1971.

     F G : Vous pensez donc survivre une première attaque nucléaire pakistanaise pour pouvoir riposter ?

     R R : Oui. Mais vous savez, la réputation nucléaire pakistanaise est un peu surfaite. Ce sont les Américains qui aiment à dire qu'Islamabad possède 4 ou 5 petites bombes, afin de faire pression sur nous. Nous nous pensons qu'ils n'ont qu'un ou deux grossiers engins dont ils ne contrôlent pas toute les phases..

     F G : Mais n'ont-il pas acheté aux Chinois des missiles M-11 capables de porter des têtes nucléaires ?

     R R : Encore une fois, nous doutons de leurs capacités technologiques : pour réduire une bombe en une tête nucléaire, il faut une expertise qu'ils ne possèdent pas encore.

     F G : Pourtant n'avez vous pas récemment amené vos propre missiles Agni à la frontière pakistanaise ?

     R R : Pourquoi ferions nous cela alors que nous sommes en pleins pourparlers avec le Pakistan ?

     F G : La Chine représente-t-elle une menace nucléaire dans le monde ?

     R R : Tout le monde a peur de la Chine, même les Etats Unis, qui malgré leur politique d'apaisement et leurs énormes investissements là-bas, sont en train d'armer le Japon pour dissuader Bejiing. Et réciproquement les Américains sont les seuls que les Chinois craignent vraiment, car la Russie ne les intimide plus et ils jugent l'Europe sans conséquence.

     F G : Que pensez-vous de la situation au Tibet ?

     R R : Ce qui se passe là-bas est terrible. Les Chinois veulent complètement détruire la culture et la religion tibétaine. Nous savons également que les Chinois ont positionné sur le plateau tibétain un certain nombre de missiles balistiques.

     F G : Pourquoi cet acharnement entre le Pakistan et vous à se disputer le Cachemire ?

     R R : Après l'Indonésie, l'Inde est le deuxième pays musulman au monde. On nous dit: le Cachemire doit aller au Kashmiris. Mais Il y a 5000 ans que cet état fait partie de l'Inde. Si nous laissons partir le Cachemire, les autres états de l'Inde vont en faire de même et ce serait la balkanisation de notre pays et la déstabilisation du sous-continent. Est-ce cela que l'Occident désire ? Les Américains par exemple, sont complètement ignorants de l'Inde. Regardez Clinton : depuis qu'il est au pouvoir il n'a pas prononcé une seule fois en public le nom de notre pays !

     F G : Alors, quelle est la solution au Cachemire ? Après tout, d'après la logique de la partition, la vallée du cachemire à majorité musulmane, aurait dû aller au Pakistan...

     R R : L'imbroglio kashmiri résulte de la partition du sous-continent, qui fut une monstrueuse absurdité : une partie du Punjab à l'Inde et l'autre au Pakistan; un tiers du Cachemire à Islamabad et les reste à Delhi... Gandhi lui-même était contre cette division religieuse du sous-continent. Mais je ne pense pas qu'elle soit éternelle. Vous savez l'homme de la rue au Pakistan n'est pas fondamentaliste, tout au moins historiquement et culturellement parlant; ce sont les zamindars (grands propriétaires terriens, tels les Bhutto), qui fanatisent les masses. Tôt ou tard, nous devrons penser à la réunification.

     F G :. Mais l'Inde elle-même n'est-elle pas très désunie ? D'un état à l'autre on ne parle pas le même langage, on ne mange pas la même nourriture et quelque fois on ne s'entend pas...

     R R : Vous avez tort : l'Inde était unie longtemps avant nous. C'est la culture sanskrite qui lie les Indiens entre eux, qu'ils soient Tamouls ou Punjabis. Le pluralisme indien, sa diversité feront un jour sa richesse.

     F G : Comment une Inde nucléaire se réconcilie-t-elle avec la philosophie gandhienne de non-violence ?

     R R : On ne peut vivre dans le monde moderne sans technologie nucléaire. Gandhi n'était pas contre la science.

     F G : Mais il était contre la violence...

     R R : Vous n'avez jamais lu la Bhagavad Gîta (texte sacré de l'Inde) ? Lorsque les Kauravas sont battus par les Pandavas, Arjun, qui est un général des Pandavas, se lamente, car son fils a été tué dans la bataille : « Comment pourrais-je jamais revoir mon fils », s'exclame t-il ? « Au ciel répondent les rishis (sages indiens de l'époque védique), mais sache qu'il ne te reconnaîtra pas ». Ceci remet la violence à sa place : la guerre n'a pas de sens. Qui gagne et qui perd ? Regardez après la deuxième guerre mondiale: aujourd'hui l'Allemagne et le Japon, les grands perdants, se retrouvent au firmament.

     F G : Gandhi était aussi un écologiste avant l'heure, qui préconisait le respect de la nature et les petites industries. L'énergie nucléaire ne va-t-elle pas à l'encontre de sa philosophie ?

     R R : Les écologistes ont perverti le débat: nous avons désespérément besoin d'énergie en Inde. Les centrales thermiques au charbon produisent énormément plus de déchets – qui remarquez-le possèdent un certain degré de radioactivité – que les centrales nucléaires.

     F G : Mais l'énergie nucléaire n'est-elle pas dangereuse ? Prenez par exemple le surgénérateur de Kalpakkam, qui semble connaître quelques problèmes, comme celui de Superphoenix en France...

     R R : Vous savez ce que nous avons fait à Kalpakkam est révolutionnaire, car ce surgénérateur, en même temps qu'il produit de l'énergie, transforme en combustible nucléaire plus de matière qu'il n'en consomme. Il est alimenté en thorium 232, un métal de masse atomique qui atteint sa fusion vers 1700°, métal que l'on ramasse en Inde sur le plages et dont nous possédons les plus grandes réserves du monde.

     F G : L'Inde se plaint toujours de l'incompréhension occidentale, mais n'est-elle pas responsable elle-même de sa mauvaise image ?

     R R : Du temps de Nehru, on nous reprochait notre socialisme et notre alliance avec l'ex URSS. Mais nous n'avions pas le choix, car les Américains avaient choisi de soutenir le Pakistan. Pourquoi cette image socialiste colle-t-elle encore à nous ? Car si vous nous regardez aujourd'hui, vous constaterez que nous sommes un pays capitaliste en pleine expansion libérale, alors qu'en France par exemple, vous avez élu Jospin qui prêche un socialisme démodé !

     F G Dans certains de vos discours, vous affirmez que l'Inde a contribué aux mathématiques modernes.

     R R : Récemment de nombreux mathématiciens, tel l'Américain Seindenberg, ont reconnu l'apport de l'Inde ancienne dans les mathématiques modernes. Pythagore par exemple s'est inspiré des Sulbasutras, des anciens traités de mathématique indien. Aryabhatta, un astronome indien prédisait au VIè siècle avant J.C. les positions exactes des planètes et montrait que la terre tournait autour du soleil. Même en médecine les médecins indiens pratiquaient déjà des opérations du cerveau et de la chirurgie esthétique. La métaphysique est également très présente dans l'ancienne philosophie indienne. Prenez par exemple le concept du philosophe du XIè siècle, Ramanuja, qui divisait l'univers en trois parties : la Conscience, c'est à dire tout ce qui pense; la non-conscience, qui représente la matière; et Dieu. « Qu'est ce qui empiète sur quoi », demandait-il ? Pour les religions monothéistes, c'est Dieu le Père – et en lui sont toutes choses. Pour les bouddhistes, tout est Maya, illusion et il faut sortir de ce monde. Pour les Hindous, Dieu est partout, même dans l'illusion.

     F G : La physique nucléaire et la musique ont-elles quelque chose en commun ?

     R R : Elle ont la même dimension intérieure.

Propos recueillis par François Gautier à Bangalore


François Gautier   
     Écrivain, journaliste et photographe français, François Gautier, né à Paris en 1950, fut le correspondant en Inde et en Asie du Sud du Figaro pendant plusieurs années. Il vit en Inde depuis plus de trente ans, ce qui lui a permis d'aller au-delà des clichés et des préjugés qui ont généralement trait à ce pays, clichés auxquels il a longtemps souscrit lui-même comme la plupart des correspondants étrangers en poste en Inde (et malheureusement aussi la majorité des historiens et des indianistes).
François Gautier a été invité à présenter Un Autre Regard sur l'Inde à l'émission Bouillon de Culture en juin 2000.






 

Le Tibet, un plateau très nucléaire

     C'est Deng Xiao Ping qui supervisa personnellement au début des années 60 la construction du Los Alamos des Chinois, son centre principal de recherche d'armes nucléaires, qui fut érigé sur le plateau tibétain. Situé à une altitude de 3033 mètres, sur les rives du fameux lac Kopkonor, dans le conté de Haiyen, au sein de la préfecture autonome de Haibei, il fut appelé par les Chinois « la Neuvième Académie » parce qu'il était sous la juridiction du neuvième Bureau, l'organisation nucléaire la plus secrète en Chine. C'est donc là qu'en 1964 les Chinois testèrent pour la première fois, puis, d'après le gouvernement tibétain en exil, stockèrent pendant longtemps leurs déchets nucléaires dans le lac lui-même. On rapporte d'ailleurs que dans les années 70, de nombreux enfants des nomades étaient atteints de leucémies similaires à celles qui suivirent les bombardements de Hiroshima et de Nagasaki et que le lac Kopkonor, le plus grand lac d'eau salée de Chine et du Tibet était devenu si radioactif que les Chinois eux mêmes n'en mangèrent plus le poisson pendant dix ans. « Ce qu'il y a de grave, estime Brahma Chellaney, un savant indien, c'est que tous les grands fleuves d'Asie, tels le Yangtse ou le Brahamapoutre, naissent au Tibet ».

     Selon un rapport établi par le Sénat américain, le premier missile nucléaire chinois fut stationné sur le plateau tibétain en 1971 dans le bassin de Qaidam, au nord de la région d'Amdo. Puis la Chine construisit à l'ouest d'Haiyen des silos pour ses missiles DF-4, les premiers des missiles balistiques intercontinentaux chinois, qui n'avaient qu'une portée de 4800 km, mais qui furent modifiés en 1975, afin d'atteindre 7000 km et ainsi toucher Moscou, alors le principal ennemi. Un autre site nucléaire se situe à Delingha à 200 km au sud-est de Da-Qaidam et abrite également des DF-4. Des missiles CSS-4, d'une portée de 8000 miles, ont été par ailleurs déployés entre Quingha et Sichuan, dans la province d'Amdo et sont capables d'atteindre les États Unis, l'Europe et toute l'Asie. En 1991, le journal US & World Reports publiait la carte nucléaire du Tibet et estimait à 90 les missiles balistiques intercontinentaux qui y sont entreposés. On dénombre également sur le plateau du Tibet trois escadrons de bombardiers lourds stationnés, dont le Hong-6, qui a une autonomie de 3000 kilomètres et peut atteindre toute les villes indiennes (New Delhi n'est qu'à 2000 kilomètres de Da-Qaidam). Ils sont principalement basés à Lhasa, sur l'aéroport de Gonggar, qui avec une élévation de 11682 pieds, est un de plus élevés de cette planète et possède la plus longue piste d'atterrisage au monde.

FG

 



François Gautier

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La page http://www.francoisgautier.com/mywork.htm permet en particulier d'accéder à de très nombreux articles, en anglais et en français, ainsi qu'à ses ouvrages en version virtuelle : Un autre Regard sur l’Inde (Éditions du Tricorne, 2000), Swami, PDG et moine hindou    (J.-P. Delville, 2003), L'Inde au féminin : Rencontre avec des femmes remarquables (Albin Michel, 2004), Arise O India (Éditions Har Anand, 2000, trois rééditions) Guru of Joy (India Today Book Club. New Delhi, 2002).


 

      
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