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Jaia Bharati



INTERVIEW DE SUBHASH KAK


À propos de la parution en France de son livre
« L' Arbre à Souhaits »

réalisée par « Les Indes Réunionnaises »

http://www.indereunion.net/actu/subkak/interskak.htm


Nous en reproduisons ici la traduction française avec l'aimable autorisation
de
Subhash Kak et « Les Indes Réunionnaises »



Membre de la nombreuse diaspora indienne installée aux USA, Subhash Kak est à la fois scientifique et écrivain. Un seul de ses ouvrages a, à ce jour, été traduit en français ; il s'agit de L'Arbre à souhaits, Présence et Promesse de l'Inde, publié par un tout nouvel éditeur, en cette année 2004 : les Éditions Banyan. L'auteur nous parle ici de ce livre et de civilisation indienne notamment.

 

« Les Védas nous disent que les dieux védiques (devas),
font partie de l'espace intérieur de notre esprit. »
Subhash Kak

 

Subhash !kak
      
Indes Réunionnaises
: Subhash Kak, pourriez-vous vous présenter à nos visiteurs ?

     Subhash Kak :  Je suis écrivain, basé aux États-Unis. Je suis également professeur en ingénierie, en études asiatiques et en sciences cognitives à l'Université de Baton Rouge en Louisiane. On peut trouver mes écrits sur l'histoire de la science et sur l'Inde à partir de cette page : http://subhashkak.voiceofdharma.com

     IR : Dans les grandes lignes, de quoi parle votre livre   « L' Arbre à souhaits » ? Qu'avez-vous voulu dire par ce titre ?

     SK : « L'Arbre à souhaits » est basé sur des conférences que j'ai données à l'Université Stanford et à l'Université de Californie il y a quelque temps. L'objectif de ces conférences était de faire un tour d'horizon des nouvelles et passionnantes découvertes sur l'histoire de l'Inde, en particulier sur l'histoire la plus ancienne, l'origine et l'essence de la culture indienne. Le titre, « L' Arbre à souhaits », doit rappeler au lecteur le mythique  « Kalpa Taru », situé au paradis, accomplissant les vœux qu'on lui adresse. Par ce titre, j'ai voulu indiquer le fait que la civilisation indienne propose bien des éléments qui restent pertinents au regard des préoccupations et des défis de l'homme contemporain. C'est ce que j'appelle la « promesse de l'Inde », en sous-titre de l'ouvrage.

     IR : Selon vous, quelle est la véritable chronologie de l'histoire et de la civilisation indiennes ? Pourriez-vous comparer avec la chronologie d'autres civilisations ? Cherchez-vous à prouver que la civilisation indienne est la première et, de bien des manières, n'a pas été considérée à sa juste valeur ?

     SK :  Je suis ce que disent les archéologues concernant la chronologie de la civilisation indienne : ils disent que l'on peut remonter aux origines de la civilisation de l'Indus (ou de l'Indus-Sarasvati) jusqu'à – pour le moins – 6 500 ans av. J.-C. Le Français Jean-François Jarrige est le pionnier dans ce domaine, avec ses découvertes sur les périodes les plus reculées de cette civilisation. Pour plus de détails, voyez le livre de Jarrige : « Les Cités oubliées de l'Indus », 1988. Il est très important que l'on ait repoussé à 6 500 av. J.-C. les origines de la civilisation indienne, parce que cela confirme la tradition littéraire indienne et ses références astronomiques des quatrième et cinquième millénaires av. J.-C. Mes propres découvertes dans le domaine des textes védiques et de l'astronomie vont tout à fait dans le même sens.
     Je n'ai pas le dessein de revendiquer – l'ai-je jamais fait – le fait que la civilisation indienne soit la plus ancienne. En effet les origines des autres civilisations ont elles aussi été repoussées dans le temps. Par exemple, il existe une influente école archéologique qui suggère que les Indo-européens ont pénétré en Europe dès 7 000 av. J.-C. et que leur expansion a été facilitée par celle de l'exploitation agricole.
     Mes travaux soulignent que certains traits de la civilisation indienne n'ont pas été correctement évalués par les anciennes études universitaires. Cela ne devrait pas nous surprendre, étant donné que la plupart des recherches fondamentales focalisées sur l'Inde antique ont été effectuées seulement au cours des deux dernières décennies. Cependant les nouvelles découvertes sont en train d'être intégrées aux ouvrages d'études et aux encyclopédies. Par exemple, au cours de l'année passée seulement, j'ai rédigé plus de trente articles pour diverses encyclopédies prestigieuses.

     IR : Quels liens existent entre les autres anciennes civilisations et l'Inde ?

     SK : Il y a toujours eu des échanges commerciaux entre l'Inde antique et l'Eurasie dans les premières périodes de la civilisation indienne. Les Mitannis, un groupe aristocratique de langue indienne, a gouverné le Moyen-Orient au cours du deuxième millénaire av. J.-C., et ils étaient également en relation avec les pharaons égyptiens. Cela signifie que les liens entre l'Inde et d'autres civilisations de l'antiquité ont été importants, et il est évident qu'il y a eu des échanges dans les deux sens. L'Inde et l'Occident se sont réciproquement influencés davantage au cours des siècles plus récents, les exemples les plus proches étant ceux du Yoga, du Vedanta et du Mahatma Gandhi. C'est l'effet cumulé de cette interaction permanente qui constitue la « présence de l'Inde » évoquée dans le sous-titre de mon livre.

     IR : Quel est votre point de vue sur la dichotomie Aryens/Dravidiens ?

     SK : Les langues aryennes de l'Inde, c'est-à-dire celles du Nord, appartiennent à la même famille que les langues européennes (à l'exclusion du basque, du hongrois et du finnois), si l'on considère le vocabulaire et de nombreux aspects grammaticaux. D'un autre côté, l'ordre des mots dans la phrase et une autre partie du vocabulaire se retrouvent dans les langues dravidiennes. Cela peut seulement indiquer que les langues aryennes et dravidiennes ont interagi et que des emprunts réciproques ont eu lieu, si bien que, pour les linguistes, l'Inde constitue à présent une aire linguistique unique.

     IR : Quelle est votre opinion sur l'invasion aryenne de l'Inde : réalité historique ou invention occidentale ?

     SK : La notion d'invasions aryennes est apparue au XIXème siècle comme une tentative visant à donner du sens à diverses évidences : 1 - l'indubitable parenté entre les langues européennes et indiennes ; 2 - le fait que, dans l'Italie de 500 av. J.-C. environ, les Etrusques parlaient une langue non indo-européenne ; 3 - la conviction que les Grecs étaient entrés dans leur région environ huit cents ans av. J.-C. ; le fait que les découvertes archéologiques en Inde ne semblaient pas remonter à plus de 1000 av. J.-C. Étant donné que la littérature bouddhique présuppose l'existence de toute la littérature védique, avec un compte à rebours attribuant deux cents ans à chaque couche littéraire, l'origine du Rig Veda a été fixée à environ 1 500 av. J.-C. Pour certains, cette date était réconfortante dans la mesure où elle ne remontait pas avant 4 004 av. J.-C., date supposée de la création du monde selon la tradition chrétienne.
     Ces dates ont alors été utilisées pour développer la notion du PIE (proto-indo-européen), qui fut considéré comme la mère de toutes les langues indo-européennes. Quelques uns des plus brillants esprits de l'époque travaillèrent à l'édification du PIE.
     Mais depuis lors il s'est passé bien des choses qui ont tout simplement infirmé les hypothèses à la base de la théorie des invasions aryennes de 1 500 av. J.-C. Parmi ces choses : une nouvelle chronologie archéologique de l'Inde qui remonte au moins, sans rupture, à 7 000 av. J.-C. ; la découverte que la rivière Sarasvati, le plus important cours d'eau de l'époque du Rig Veda, a été à coup sûr asséchée avant 1 900 av. J.-C., peut-être même avant 2 600 av. J.-C. ; l'absence de rupture dans la chronologie des ossements trouvés en Inde, entre 4 500 et 800 av. J.-C. ; l'évidence astronomique qui rappelle des événements du quatrième millénaire av. J.-C. Parallèlement, même les dates de l'entrée des Indo-européens en Europe sont repoussées de plusieurs milliers d'années.
     Pour résumer : oui, la théorie selon laquelle les Aryens auraient envahi l'Inde en 1 500 av. J.-C. est fausse ; c'est une invention intellectuelle qui ne cadre pas avec les faits tels que nous les connaissons à présent. Cela ne signifie pas que les Indo-européens n'ont pas pu entrer en Inde avant 4 500 av. J.-C.
     Cela nous montre que le monde antique est beaucoup plus complexe et comporte beaucoup plus d'interactions entre ses diverses parties que ne le supposaient des théories aussi simplistes que celle de l'invasion aryenne de 1 500 av. J.-C.

     IR : Vous êtes un spécialiste des Védas : qu'avez-vous appris en les étudiant ? Que peuvent-ils enseigner au monde moderne ?

     SK : Les Védas divisent la « connaissance » en deux catégories : les connaissances extérieures, qui se rapportent aux objets physiques et mentaux ; les connaissances intérieures, concernant l'expérience du « soi ». Les Védas disent que les sciences extérieures conduisent finalement au paradoxe, parce qu'elles sont basées sur une dichotomie inhérente entre objet et sujet. La connaissance intérieure ne peut être obtenue par le langage, on ne peut qu'en faire l'expérience. Une grande partie de la littérature védique porte sur les moyens qui facilitent la transformation susceptible de mener à la connaissance intérieure.
     Je pense que cela nous concerne, dans notre époque de discordance religieuse. Les Védas séparent la connaissance profane et la connaissance sacrée. La science ordinaire fait partie de la connaissance profane. La connaissance sacrée concerne le « soi », et il pourrait y avoir de nombreuses voies pour y accéder, même sans recours à la tradition religieuse. Les Védas nous aident à voir en perspective l'impulsion spirituelle de l'homme, indépendamment des passions provoquées par la religion organisée.
     Les Védas nous disent que les dieux védiques (devas), font partie de l'espace intérieur de notre esprit. Ils vont plus loin, en nous disant que nous avons le pouvoir de modeler cet espace intérieur, et que nous sommes transformés dans l'accomplissement de cette action. Ainsi les Védas nous montrent-ils une riche psychologie.

     IR : Vous dites (chapitre 17) : « la voie de la sagesse est une voie étroite ». Personnellement, comment définiriez-vous cette voie de la sagesse ?

     SK : La « voie de la sagesse » est de chercher le juste équilibre entre notre essence matérielle et notre esprit ; de trouver une harmonie intérieure. Si l'on considère l'Inde médiévale, je crois qu'il y a eu une survalorisation de la spiritualité, qui a conduit au déclin de la prospérité matérielle. D'un autre côté, dans les États-Unis de nos jours, il y a une survalorisation du matérialisme, entraînant les gens dans l'envie et l'égoïsme, avec pour conséquences le déclin du bonheur et un comportement addictif qui se manifeste dans les drogues, le sexe ou l'engouement religieux.
     Nous avons besoin de cette « étroite voie de la sagesse » où nous sommes en contact avec notre corps, mais aussi conscients de notre potentiel spirituel. Ce n'est qu'à notre propre péril que nous pouvons renier l'un ou l'autre.

     IR :  À la lecture de « L' Arbre à souhaits », on peut ressentir une certaine frustration : vous abordez de nombreux sujets intéressants, mais ne prenez pas le temps d'approfondir chacun d'eux. Pourquoi avoir opté pour cette manière de faire ?

     SK : Le livre suit les sujets de mes conférences, et comme j'ai essayé de communiquer l'enthousiasme suscité par toutes les nouveautés qui se sont dévoilées dans notre compréhension de l'Inde, je n'ai pas eu la possibilité d'approfondir ces sujets. J'espérais que le lecteur, ayant pris connaissance des grandes lignes, approfondirait le sujet en consultant les références données pour permettre de pousser plus loin. Si ce lecteur ne se sent pas pleinement satisfait du fait que je n'aie pas poussé le travail assez loin, alors mon livre a atteint son objectif.

     IR : Pourriez-vous maintenant nous parler des autres livres que vous avez écrits ?

     SK :   J'ai écrit de nombreux autres ouvrages : la page www.ece.lsu.edu/kak/books.html en donne la liste. Parmi eux : « Le Code astronomique du Rig Veda », mon livre sur la révélation de l'astronomie de la période védique, et « Les Dieux du Dedans », dans lequel j'explique comment il faut correctement comprendre les devas (dieux) védiques : les centres de cognition dans l'esprit. Je suis aussi co-auteur, avec Georg Feuerstein et David Frawley, d'un livre intitulé « À la Recherche du berceau de la civilisation », centré sur l'évidence archéologique relative à l'Inde antique et sur les liens entre l'Inde et l'Occident. Il s'en est vendu de très nombreux exemplaires en Angleterre, et des traductions ont été faites en italien, coréen, espagnol, et dans d'autres langues. J'ai également écrit plusieurs livres de poésie.

     IR : Et quels sont vos projets ?

     SK : Mon projet actuel est de terminer le commentaire sur mon Prajna Sutra (www.ece.lsu.edu/kak/sutra.pdf). Ces sutras résument ma façon de comprendre la Voie védique. En dehors de cela, mes recherches scientifiques portent sur les fondements de l'intelligence artificielle et ses connexions avec la théorie des quanta et la neuroscience. Je viens récemment de publier un livre intitulé « L'Architecture de la connaissance : mécanique quantique, neuroscience, ordinateurs et conscience », dans lequel je traite en profondeur de ces questions.






L' Arbre à souhaits


L' Arbre à souhaits     La version originale de « L' Arbre à souhaits » a été publiée en 2001 en langue anglaise sous le titre The Wishing Tree”, Munshiram Manoharlal, New Delhi, 2001. (Post Box 5715, 54 Rani Jhansi Road, New Delhi 110 055.).
     La traduction française, de Viviane Tourtet et Bilkish Stern est parue en 2004, aux Éditions Banyan (contact : Banyanindia@aol.com). Cette nouvelle maison d'édition se propose de publier des ouvrages relatifs à l'Inde : heureuse initiative à laquelle nous souhaitons tout le succès possible.
     En dix-sept chapitres, précédés de commentaires et d'une introduction, Subhash Kak aborde un ensemble varié de sujets qui firent l'objet de conférences. La référence aux titres de quelques-uns de ces chapitres donnera une petite idée du contenu : III - « Indologie et racisme », V - « Connaissance védique et Astronomie », XI - « Rythmes et Monde intérieur », XVI - « Yahvah ou Yahvé »...
     On découvrira par exemple avec intérêt les relations entre les pharaons égyptiens et la civilisation indienne, diverses considérations archéologiques, chronologiques et astronomiques, ou encore des réflexions d'ordre plus philosophique ou spirituel.

 





Bibliographie

Les principaux autres ouvrages de Subhash Kak n'existent pas encore en version française :

 
The Architecture of Knowledge : Quantum Mechanics, Neuroscience, Computers and Consciousness. CSC/Motilal Banarsidass, 2004. ISBN 81-87586-12-5.

 
The Gods Within: Mind, Consciousness and the Vedic Tradition. Munshiram Manoharlal, New Delhi, 2002. ISBN 81-215-1063-5.
The Asvamedha : The Rite and Its Logic, Motilal Banarsidass, Delhi, 2002. ISBN: 81-208-1877-6.

 
 
Computing Science in Ancient India, 2000. ISBN: 81-215-0985-8, (avec T.R.N. Rao) (USL Press, Lafayette, LA, 1998). Nouvelle édition : Munshiram Manoharlal, New Delhi, 2000 (Post Box 5715, 54 Rani Jhansi Road, New Delhi 110 055.).

 
The Astronomical Code of the Rgveda, 2000. ISBN: 81-215-0986-6. Edition revue et enrichie, Munshiram Manoharlal, Delhi, 2000 (remplace la première édition, de 1994).

 
Eka Taal, Eka Darpana, Raka Prakashan, 1999. 40A, Motilal Nehru Road, Allahabad 211 002, India.
The Secrets of Ishbar, Vitasta, 1996, 1998, 2002. ISBN 81-86588-02-7.

 
In Search of the Cradle of Civilization, Quest Books, 1995, 2001 (avec nouvelle Introduction),
(avec G. Feuerstein et D. Frawley).
India at Century's End, Voice of India, 1994.
Patanjali and Cognitive Science, Vitasta, 1987.
The Nature of Physical Reality, Peter Lang, New York, 1986.
The London Bridge, (poèmes) - Writers Workshop, Kolkata, 1977.
The Conductor of the Dead, (poèmes) - Writers Workshop, Kolkata, 1974.
 
 
The Asvamedha : The Rite and Its Logic
The Gods Within: Mind, Consciousness and the Vedic Tradition

 


 

       
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