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La Revue de l'Inde

La tragédie du Cachemire

(numéro 7)

Revue trimestrielle (avril - juin 2007)

La Revue en ligne sur le site de Claude Arpi

 

 

La Revue de L'Inde N°7, La tragédie du CachemireÉditorial

     Après un numéro très remarqué sur le yoga et l’ayurvéda, nous passons à un autre sujet, beaucoup plus ardu, beaucoup plus grave : le Cachemire.

     La Revue de l’Inde, magazine pondéré, revue sérieuse, se devait de sortir un « Spécial Cachemire ». Nous avons choisi de le titrer « La Tragédie du Cachemire ». Pourquoi une tragédie ? D’abord parce que le Cachemire reste un endroit de rêve, qu’ont loué de nombreux voyageurs : « Que dire du Cachemire ? Le royaume dépasse en beauté tout ce que j’avais anticipé », écrit, en 1665, le Dr François Bernier. Puis, parce que l’islam à visage ouvert et à tendance soufie, qui se pratiquait au Cachemire pour des siècles, malgré de nombreuses persécutions, s’y est effrité sous les coups de boutoir sunnites du Pakistan et de l’Afghanistan, cela depuis la fin des années quatre-vingt. Enfin, parce que l’Occident ne voit souvent dans le problème du Cachemire qu’un différent entre le Pakistan et l’Inde, alors que le problème est beaucoup plus complexe, beaucoup plus subtil.

     Le soufisme est-il défunt au Cachemire ? La Ligne de contrôle qui sépare le Cachemire sous contrôle pakistanais du Cachemire indien, peut-elle « s’estomper » comme le préconise le Premier ministre indien ? Le Christ a-t-il visité le Cachemire ? Le spectre d’une guerre nucléaire, qui inquiète fort les Américains et – à un moindre degré – la France, plane-t-il sur le Cachemire ? Plusieurs experts répondent à toutes ces questions.

     Claude Arpi, auteur de Cachemire, le paradis perdu (Philippe Picquier, 2004) qui avait dirigé un « Spécial Tibet » d’anthologie, nous revient pour ce dossier Cachemire, qui constitue, sans doute, une première en France, par sa complexité, par la diversité de ses opinions et par son sérieux.

     Bonne lecture !

     François Gautier

 

 

La tragédie de l’État

du Jammu et Cachemire


Claude Arpi

 

(Écrivain et journaliste, dont on peut lire les articles sur le site : www.claudearpi.net)


     La question du Cachemire est fort complexe. C’est peut-être, avec le conflit au Proche-Orient, l’écheveau politique le plus difficile à démêler. Nous ne prétendons pas avec ce numéro « Spécial Cachemire » de La Revue de l’Inde donner une image définitive de ce conflit qui a vu le jour il y a 60 ans, nous avons seulement essayé de proposer au lecteur une mosaïque de points de vue. Ces aperçus ne se bornent pas au conflit entre l’Inde et le Pakistan dont l’enjeu est la vallée du Cachemire avec ses beautés tant vantées par ceux qui ont eu la chance de la visiter, ils s’étendent aussi aux problèmes des autres régions de l’État du Jammu et Cachemire, en particulier le Ladakh et le Jammu.

     La première chose que l’on remarque en commençant une étude de cette région est la diversité géographique, raciale, culturelle et surtout religieuse. Une note historique aidera le lecteur, nous l’espérons, à mieux saisir le contexte de la « question » du Cachemire, née du drame de la partition du sous-continent indien. En effet, en août 1947, la Vallée se trouve soudain « prise en sandwich » entre les deux nouveaux dominions.

     La tragédie du Cachemire a son origine dans la folie même de cette partition. La Couronne britannique et son représentant, Lord Mountbatten sont pour beaucoup responsables de la situation à laquelle l’Inde doit faire face aujourd’hui. Il est bien évident que les interférences extérieures au sous-continent, ont joué (et jouent encore) un rôle important, et souvent néfastes. Nous pensons, en particulier, au certificat « d’allié privilégié » dans la lutte contre le terrorisme donné par l’administration Bush au Pakistan.

     Le Cachemire est néanmoins resté synonyme de « beauté de la nature ». Pour beaucoup, le paradis sur Terre devait y ressembler. On le comprend en lisant les descriptions de l’aventurier Francis Younghusband ou de Stanislas Ostorog, le premier ambassadeur de France en Inde. Ces témoignages font encore rêver et nous pouvons nous demander : « Comment en sommes-nous arrivés à cette tragédie ? » C’est ce que nous essayons de voir dans la Rubrique Politique & Actualité.

     Rappelons qu’en 1989, le directeur de la CIA désigne déjà le Cachemire comme « l’endroit le plus explosif du monde ». Quelques années plus tard, Colin Powell, le Secrétaire d’État américain revient sur ce sujet dans les mêmes termes : « la région la plus dangereuse du monde. »

     Même si ces affirmations sont discutables, le Cachemire n’en demeure pas moins l’épicentre d’un des plus longs conflits de la planète.

     L’entrevue avec le gouverneur du Jammu et Cachemire est intéressante dans la mesure où le général Sinha qui avait d’importantes responsabilités durant la première guerre indo-pakistanaise de 1947-1948 est devenu, plus de cinquante ans plus tard, le chef constitutionnel de l’État. Le concept du Kashimriyat qu’il nous explique peut faire rêver : autour de lui, une solution pour cet État traumatisé peut-elle s’élaborer ?

     Dans la rubrique Politique & Actualité, quelques-uns des meilleurs spécialistes de la question du Cachemire (Brahma Chellaney, B. Raman, Ved Marwah, G. Parthasarthy et le général Lamballe en autres) partagent avec nous leur vue sur différents aspects de la pomme de discorde entre l’Inde et le Pakistan.

     Un document édifiant dont nous publions des extraits est le Projet de Rapport sur la situation actuelle et les perspectives d’avenir au Cachemire préparé par la baronne Nicholson pour la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen. Cela montre la connaissance de la question du Cachemire, du moins à Strasbourg !

     L’ancien gouverneur Jagmohan souligne le caractère flou des nouvelles propositions du général Musharraf, estimant en fin de compte que si l’État du Jammu et Cachemire veut éviter une situation « yougoslave », les divers peuples qui constituent cet État doivent réapprendre à vivre ensemble. Le développement économique est pour lui, comme pour beaucoup d’autres, la clef d’une solution pour la région. Le député du Ladakh, M. Thupstan Chhewang nous confie les problèmes de sa région himalayenne à majorité bouddhiste, dont les revendications sont tout autres que celles des habitants de la Vallée.

     Nous ne pouvons ignorer que c’est dans cet État que se déroule la « guerre la plus haute du monde ». Un bref historique de la bataille pour le glacier du Siachen, « là où poussent les roses », nous conduit aux racines du conflit et une entrevue avec le capitaine Bana Singh qui conquit en 1987, le poste le plus stratégique de la planète (à plus de 6 500 m d’altitude), nous fait entrevoir les aspects humains de cette guerre méconnue.

     Dans la rubrique Témoignage nous irons à la découverte de cette diversité qui a fait la beauté du Cachemire et qui malheureusement semble avoir disparu. Ne l’oublions pas, c’est dans cette région du sous-continent que la symbiose entre culture hindoue et musulmane a été la plus complète. N’est- ce pas cela la vraie tragédie du Cachemire ?

     Le gouverneur nous rappelle d’ailleurs qu’en ces mois de 1947, alors que le reste de l’Inde était à feu et à sang du fait des émeutes interreligieuses, Srinagar restait calme et les deux communautés vivaient ensemble paisiblement.

     La Ligne de contrôle qui sépare des peuples de même culture, l’exode forcé des pandits, l’état insurrectionnel au début des années quatre-vingt-dix, ou encore le triste sort des familles hindoues contraintes de quitter les régions occupées par le Pakistan en 1947-1948 sont autant d’aspects de cette tragédie dont il nous faut écouter les témoignages. Celui d’un vieil homme sage, Abdul Wahid Radhu, le dernier caravanier, qui a étudié à l’université musulmane d’Aligargh dans les années où le concept du Pakistan était en train de voir le jour, est réconfortant. Il a été l’une des dernières personnes à conduire la caravane du Ladakh au Tibet ; il était aussi présent à Lhassa lorsque les Chinois envahirent le Toit du Monde. Sa vie de « caravanier de l’intérieur » ainsi que ses vues sur l’islam du Cachemire sont fascinantes !

     La rubrique Société et Religion nous conduit de l’autre côté de la Ligne de contrôle, au Baltistan, où Ismail Khan nous dit combien ce conflit entre l’Inde et le Pakistan est injuste pour les populations locales séparées, depuis si longtemps, par une ligne dessinée sur la carte de leur État.

     Si le Cachemire est synonyme de beauté de la nature, il l’est aussi de raffinement culturel. Le shivaïsme cachemiri, en particulier, a donné à cette région la réputation de posséder une grande profondeur de pensée. Jaishree Kak nous parle de la grande sainte cachemirie Lalla qui, par la simplicité et la profondeur de sa poésie, est le symbole de la vraie spiritualité du Cachemire. Le Professeur Siddiq Wahid, recteur de l’Université islamique du Cachemire, nous explique qu’il est encore possible aujourd’hui d’avoir plusieurs identités et nous parle de la tâche qu’il a entreprise, un « dialogue » autour de l’islam moderne. Laurent Pordié, quant à lui, nous fait rencontrer les amchis, les médecins traditionnels du Ladakh et nous parle de leur lutte pour préserver leur identité dans un monde qui change trop rapidement.

     La dernière partie de cette Revue, la rubrique Culture démontre encore une fois la richesse et la diversité de l’État du Jammu et Cachemire. Jaya Jaitly présente cet artisanat qui a fait la renommée de ce pays de par le monde alors que Monisha Ahmed nous décrit les fresques magnifiquement conservées du temple d’Alchi au Ladakh. Une grande spécialiste de la musique indienne, Manjari Sinha explique au profane les subtilités de cet instrument qu’est le santoor. Le « son de la Vallée » ne peut qu’induire une profonde contemplation chez l’amateur de musique indienne.

     Pour terminer, deux critiques de film : La première relate le drame et l’exode des pandits au début des années quatre-vingt-dix alors que la seconde nous parle d’un film bollywoodien, Lakshya, sur la guerre de Kargil. Toutes les deux nous rappellent les tragédies qui se répètent au Cachemire.

     En fin de compte, la question du Cachemire n’est peut-être pas si complexe, en fait, elle est assez simple : la tolérance qui a permis à cette culture si spéciale de fleurir au Cachemire, peut-elle ressaisir les esprits et les cœurs des hommes ?

     M. Jagmohan préconise comme solution de réapprendre à vivre ensemble, c’est simple, mais ce n’est pas facile, surtout lorsque l’État de l’autre côté de la Ligne de contrôle prêche toujours la théorie des « Deux Nations ». C’est pour cette diversité religieuse et culturelle que l’Inde se bat, parviendra-t-elle à la rétablir au Jammu et Cachemire ? L’avenir nous le dira. Mais il est certain qu’un monde sans ce pluralisme que représente le Kashmiriyat serait certainement plus pauvre.

 

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Sommaire

Tous les articles de cette revue sont disponibles sur le site de Claude Arpi à l'adresse suivante :
http://www.claudearpi.net/index.php?nav=articles&id=25&lang=2

ÉDITORIAL
 
François Gautier
Introduction
Claude Arpi La Tragédie de l’État du Jammu et Cachemire
   
HISTOIRE
 
Claude Arpi
Note historique sur la question du Cachemire
Sir Francis Younghusband
Variations saisonnières
Claude Arpi
Le conflit du Cachemire : Le rôle des Britanniques
Stanislas Ostrorog
Voyage au Cachemire
   
POLITIQUE / ACTUALITÉ
Le Gouverneur S. K. Sinha
La solution est le Kashmiriyat
Baronne Nicholson de Winterbourne
Projet de rapport du Parlement européen sur la situation actuelle et les perspectives d’avenir au Cachemire
G. Parthasarathy
Changements dans les relations indo-pakistanaises

Prof. Brahma Chellaney Dénucléariser le conflit en Asie du Sud
B. Raman Terrorisme au Jammu et Cachemire
Jagmohan « Vous voulez l’Article 370 ou le développement ? »
Jagmohan Op Topac (extraits)
François Gautier Les vraies fausses-vérités du Cachemire
Alain Lamballe L’eau dans le conflit du Cachemire
Thupstan Chhewang,
député du Ladakh
Entrevue : Personne n’est disposé à prendre nos revendications en considération
Claude Arpi La guerre la plus haute du monde
Capitaine Bana Singh « C’était pour te mettre à l’épreuve »
   
TÉMOIGNAGES
Pushp Saraf La Ligne de contrôle s’estompe
Pauline Garaude Quel avenir pour les réfugiés pandits ?
Ved Marwha Trois ans au Cachemire
Vijay Kranti Histoire de deux Cachemires : témoignage d’une victime
Claude Arpi Abdul Wahid Radhu : Le dernier caravanier
Subhash Kak Il neige sur Srinagar
   
SOCIÉTÉ ET RELIGION
Ismail Khan
Réparer l’injustice faite aux populations locales
Jaishree Kak
Lalla, poète mystique du Cachemire
Prof. Siddiq Wahid
Nous avons tous une identité multiple
Dr Laurent Pordié Médecine traditionnelle et conflits interreligieux au Ladakh
Simon Georget Au cœur des médecines, en Inde et ailleurs
 
CULTURE
 
Jaya Jaitly
L’artisanat du Jammu et Cachemire
Dr Monisha Ahmed
Les peintures murales du temple d’Alchi
Manjari Sinha
Le santoor : le son de la vallée
François Gautier Jésus-Christ est-il enterré à Srinagar ?
Laurent Baldo Et le monde resta silencieux
Laurent Muscianisi (Fantastikasia)
Lakshya
  
   




Prix au numéro : 11 euros
La Revue de l'Inde
Revue généraliste
11 euros / 192 pages
 
Contact presse : Dany de Ribas ; tél : 01 45 48 58 26
Mail : dany.lesbelleslettres@fr.oleane.com
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